
Le sommet tant convoité du Kilimanjaro...
L'ascension de ce mytique sommet se fait selon certaines règles établies par la Tanzanie. Obligatoire de faire affaire avec une compagnie locale qui fournira guide, porteurs, cuisiniers... C'est ici question de gros sous ($$$$) car il faut compter les droits d'entrée au parc (635$ US) en plus des frais chargés par la compagnie pour nous accompagner. Les touristes sont source d'une grosse business ici! Ils n'ont pas intérêt à ce que les glaciers fondent trop vite!
Donc à Machame gate, notre départ se prépare en ce 13 octobre 2008... Les 11 porteurs s'affairent à séparer tout le matériel nécessaire, nos bagages, les tentes-cuisines, tentes de montange, nourriture... sous l'oeil très attentif de notre chef guide Willison. Et nous, on essaie de se dépêcher à obtenir notre permis avec l'assistant guide Seraphin. Nous sommes en confiance, notre guide est expérimenté, il a fait plus de 200 fois le sommet et il semble vraiment professionnel.
La voie que nous allons emprunter nous mènera au sommet dans la nuit du 4ème au 5ème jour ce qui est assez rapide et qui sacrifie un peu l'acclimatation. Une ou deux nuits supplémentaires avant le sommet aurait été profitable en y repensant... Vous allez voir!
Avant d'atteindre le camp de base pour l'ascension finale, nous avons fait 4 jours de belle randonnée dans des environnements et paysages trés variés, passant de la forêt humide (rain forest) au désert alpin. C'était vraiment très beau. Plusieurs groupes se suivaient chaque jour, le sentier était pas mal fréquenté... Au niveau des difficultés, on a eu juste à faire face au froid occasionné par 2 journées pluvieuses avec du vent en flanc de montagne. Il pleuvait des cordes et il a même grêlé pendant quelques heures. Notre erreur: des gants qui n'étaient pas en goretex! et on voulait garder nos mitaines chaudes pour le sommet. Jusqu'au camp de base, nous n'avons pas trop ressenti les effets de l'altitude à pars un petit mal de tête. Camp de base = Barafu camp à 4630m au dessus du niveau de la mer.
Maintenant, le sommet. Quelle expérience! Nous n'aurions jamais cru que ça serait si difficile physiquement. Et avec le recul, nous croyons que nous aurions profité d'une plus longue acclimatation à l'altitude... car, nous avons souffert. Mal de tête constant, mal de coeur, épuisement physique (je (Marie) comprends maintenant les emphysémateux qui sont essoufflés juste à s'habiller!), perte d'équilibre, sentiment d'effort incroyable pour faire un pas...
Habituellement, on compte environ 6-7 h pour atteindre le sommet. Nous en avons pris 12h... Ne riez pas! Nous trouvions ça interminable!
Pour résumer le topo, l'ascension comprend une partie initiale très abrupte jusqu'à Stella Point et ensuite, c'est un faux plat en montant vers Uhuru peak (5895m). Facile vous direz... Nous l'avons vécu autrement.
Pour Stéphane: Je considère humblement que ce fût l'un de mes pires combats. J'avais l'impression d'être un boxeur au 12ème round et que mon adversaire ne me donnait aucune chance. J'étais entre le tapis et le gars tout juste assez alerte pour tenir debout. :) Je peux assurer sans gêne que lorsque j'ai foulé le sommet, l'émotion est montée en moi. Mais finalement, quelle belle expérience de vie...
Pour Marie: Des fois, je me demande encore comment j'ai fait pour me rendre au sommet. En fait, j'avais à un moment, décidé que j'abandonnais alors que j'étais dans un état terrible: déshydratée, totalement physiquement épuisée, je cognais des clous en marchant.
Grâce à notre guide qui a su reconnaître mon problème, je me suis remise sur le piton et j'ai pu reprendre la montée. Après Stella Point, je me sentais relativement bien mais les effets du manque d'oxygène à cette altitude (environ 50% moins qu'au niveau de la mer), c'était quelque chose! Comme être saoûl dans un bain de ciment presque pris avec un mal de tête assez terrible mais avec les idées claires. Expérience qui quand on est en train de la vivre n'est pas super agréable mais une fois au sommet, on oublie vite. On a atteint le but fixé, on est content.Ce qu'on peut dire de plus de notre trek... 6 jours de co-habitation dans une petite tente d'expédition ça rapproche et ça fait tomber les tabous... ben oui on pète!

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